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Fabien Pesty. Fabien Pesty. Fabien Pesty. Tu as retenu ? Ai-je besoin de le répéter ? Sûr ?
Je le savais ! Je le savais que ce gars là il ne pouvait que scotcher son lecteur. Le scotcher à son fauteuil, le scotcher au livre, le scotcher aux mots, bref, va en falloir de l’adhésif !

 « La cour des innocents », un recueil de quelques nouvelles … mais quelles nouvelles, nom d’un typographe gâteux !

15 nouvelles s’agglomèrent dans ce modeste bouquin de 183 pages. Tu te dis « P’tain ! 15 nouvelles et seulement 183 pages ? S’est pas foulé l’gars ! ». Mais ne te fourvoie pas, chaque nouvelle est un condensé de mots judicieusement ajustés ;  des mots triés, sous-pesés, calibrés pour un maximum de justesse, des mots assemblés, mélangés, imbriqués au millimètre. Pas de place au vent, pas de mot inutile. Pesty, c’est un orfèvre du mot. Précis. Efficace.
Et non, je ne dis pas ça parce qu’il m’a menacé ou payé (tu me dois encore un versement d’ailleurs) mais parce que si tu veux prendre ton pied avec les yeux (de pire en pire je sais, mais t’as compris), tu dois lire ça !
Il y a évidemment un fil conducteur à toutes ces nouvelles. Et parce que la 4ème de couv’ le dit parfaitement et bien je copie-colle :
« Non coupables, fous, irresponsables, ingénus, ils ont tous un alibi valable : ils étaient victimes d'eux-mêmes au moment des faits. Ce sont des choses qui arrivent et dont on parle, entre autres choses, à travers ces quinze instantanés d'histoires, parfois sombres, souvent cyniques, mais toujours à l'humour ravageur. »

Première nouvelle « Les valises », tu t’y attends pas forcément,  alors tu lis innocemment et pouf, une baffe dans ta face. Tu continues avec « Fin mars » et là, tu as juste envie de pleurer. Puis « Passage à tabac » et re-pouf, une autre baffe dans ta face… Pas de répit, les nouvelles s’enchaînent et tu ne peux pas te poser ni te reprendre, « Fabien Pesty m’a tuer ».
Et puisque je ne peux pas les raconter toutes, je veux juste partager quelques mots de « Jugement dernier », celle qui m’a le plus marquée, un bijou.

 « Les deux camps s’entr’objectèrent ainsi, l’un soupçonnant Darwin d’antithéisme primaire, et citant au moins quatre témoins oculaires (dont les écrits avaient été consignés dans autant de Bible-Selon) ; l’autre accusant Dieu de tentative d’OPA sur la Nature, et lui prêtant des tendances mégalomanes. Le foutoir repris de plus belle, et le juge Requin-Marteau dut brandir la menace de suppression du repas pour que le procès retrouve un peu de tenue »

Décalées, drôles, intelligentes, caustiques, acides, ces nouvelles sont un délice.
Lis-les et tu sauras.


Paul&Mike éditions (2014)
183 pages


L'auteur

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Fabien Pesty est donc un auteur. Hum, j'ai pas trouvé mieux.
Ah si, quelques-unes des récompenses pour son travail...
1er prix – Jugon-les-Lacs 2010 pour Les valises
1er prix – Fontaine-Française 2011 pour La caissière du péage de Chatuzange-le-Goubet
1er prix - Plobannalec-Lesconil 2012
Prix spécial du Jury– Prix Don Quichotte, concours francophone de la nouvelle 2012 pour Passage à tabac.
Voilà.