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Ravage de Barjavel fut l'une de mes premières rencontres littéraires marquante. De celles qui changent ton regard sur le monde qui t’entoure, de celles qui te poussent à la réflexion. Ces lectures, quand on les rencontre assez tôt, peuvent donner un sens d’orientation à tes pensées à venir. Ce fut donc mon cas avec ce roman d’anticipation dans un monde post-apocalyptique. C’est, depuis, un genre que j’aime à retrouver espérant toujours trouver des réponses à mes questions, ou risquant encore d’en soulever d’autres.
Silo.
Le monde est dévasté, la terre est grise, elle est poussière que des vents toxiques soulèvent parfois. Une poignée de l’humanité a été recluse dans un silo qui s’enfonce jusqu’à 144 étages sous la terre. Depuis plusieurs siècles, la vie s’écoule selon des règles strictes et un contrôle aigu, dont celui des naissances,  afin d’éviter toutes insurrections. Penser le moins possible au dehors. Ceux qui ne respectent pas les lois mises en place sont expulsés du silo et condamnés à mourir asphyxiés. Mais avant leur dernier souffle, ils doivent nettoyer les capteurs extérieurs qui permettent la transmission d’images du monde sur un écran géant dans le silo.

Ce n’était pas seulement le tabou du nettoyage, la peur du monde extérieur. C’était l’espoir. Cet espoir mortel et inexprimé qui vivait en chaque habitant du silo. Un espoir ridicule, fantastique. L’espoir que, peut-être pas pour soi, mais pour ses enfants, ou pour les enfants de ses enfants, la vie au-dehors redevienne un jour possible, et ce, grâce au travail du DIT, grâce aux épaisses combinaisons qui sortaient de leurs laboratoires.

Dans ce roman, il n’y a pas de nouveautés qui transcenderaient le genre évidemment, mais j’ai eu tous les ingrédients pour satisfaire chacune de mes attentes. Un vrai roman d’aventure avec des personnages attachants, qu’on a envie de défendre, d’un côté les bons, de l’autre ceux qui entravent la réflexion, le libre-arbitre, les menteurs, les castrateurs. J’ai eu le côté Big Brother, j’ai eu mes éternels questionnements, mais pourquoi ? J’ai eu la jubilation de découvrir un monde nouveau, créé par l’auteur, pensé, réfléchi, fignolé. Le monde d’après. J’ai eu le suspens. J’ai suivi de très près le personnage de Juliette, celle qu’on envoie au nettoyage et qui ne nettoiera pas. La première depuis des siècles à ne pas nettoyer. Je ne l’ai pas lâchée. Ses yeux étaient mes yeux. Et Hugh Howey a su donner un rythme a son récit, soutenu, pas de temps morts, tout en installant son silo étage après étage pour qu’on ait le temps de le visiter aussi. Très habile. 740 pages que j’ai absorbées en deux jours. Moi qui suis claustrophobe, j’ai adoré vivre dans ce silo et j’y reviendrai.
A lire impérativement la suite avec Silo Origines et Silo Générations.

Actes Sud (2012)
740 pages


L’AUTEUR

Hugh Howey est un auteur nord-américain né le 23 juin 1975 à Monroe, en Caroline du Nord. Il fut connu grâce à son roman Silo, auto-publié sur internet et vendu via Amazon à plus de 500 000 exemplaires. Silo est le premier tome d'une série de trois volumes. Silo Origines et Silo Générations sont parus en France en 2014.