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Il y a Marc qui est père de famille et mari aimant, qui est endetté, qui se voit déjà faire la manche, et qui baise Sylvie régulièrement. Il y a Sylvie, donc, qui est pute par choix, par rébellion, pour dire fuck à  papa, trop conformiste sûrement, mais Sylvie gène le commerce de la Baleine, the big boss proxénète du quartier. Il y a Marie qui est commissaire, qui enquête sur un cadavre sans visage dans une poubelle et qui apprend que trois autres macchabées trainent dans une galerie marchande. Et il y a Walter…

Walter, être virtuel, fait de mes envies et de mes frustrations. Walter, objet de mon subconscient, être éthéré et invisible. Walter se glisse dans chacune des fibres de mon corps. Ma respiration se fait saccadée. Je lutte contre cet envahisseur.

Plusdeprobleme.com n’est pas (pour moi) le titre idéal pour ce bouquin. Sûr qu’il est justifié une fois qu’on sait le pourquoi mais franchement, au premier abord, ça fait titre au rabais, il ne restait que celui-là dans les rayons, entre Y a du rififi chez les marlous et Walter au pays des poulagas. Mais ni le titre, ni les 622 pages ne m’ont arrêtée, si c’est du Pichon, ça s’ra du bon !
Et si on faisait le jeu des plus et des moins hein ? Je commence par les moins pour que tu restes sur la note positive (technique de psychologie sociale appliquée).
Et bien les 622 pages ! Figure-toi que je ne les sens pas super utiles. D’abord je dois t’expliquer qu’on peut voir le roman en deux parties (y en a une troisième concernant le maquereau cétacé mais j’ai rien à en dire). La partie concernant Marc et Walter, où Marc est lui-même narrateur et qui nous permet de suivre au plus près la descente en enfer du personnage (ça c’est un des points plus donc j’y reviendrai après parce que rappelle-toi la technique de psychologie sociale) et une partie où l’on est avec Marie, la commissaire, qui explique le déroulement de l’enquête. Et bien, il est là mon point moins. Trop de personnages dont je ne me souviens plus les noms vaquent autour de cette affaire, trop de blablas sur les pistes à suivre, les hypothèses, les éléments à vérifier, et puis quand même, cette Marie qui, plus futée que tous réunis, anticipe tout !
Mais voilà, Fabrice Pichon créa Marc/Walter. Et ce personnage fera que tu liras ce polar jusqu’au bout. La narration à la première personne te met en lien direct avec la lente progression de la folie d’un homme aux abois. Un homme qui n’a plus rien à perdre, jusqu’où peut-il aller ? Belle réussite que celle de nous mettre en empathie avec un homme qui souffre mais qui, je ne l’oublie pas, ne fait pas que des choses jolies jolies. 
Maintenant, je recule un peu et je retiens que l’auteur nous donne à lire un polar divertissant, avec son lot de rebondissements et sa dose d’hémoglobine indispensable. Et à bien y regarder, elles s’absorbent vite les 622 pages.

Lajouanie (2016)
622 pages


L’AUTEUR

C’est après de brèves études de droit qu’il se lance dans l’écriture, se souvenant des encouragements de l’un de ses professeurs de français. En 2000 il remporte un concours littéraire et voit son premier roman publié sous forme de feuilleton, six mois durant, dans Le Bien Public. Ce grand amateur de polars vit à Dijon. plusdeprobleme.com est son cinquième roman.
(source : Editions Lajouanie)
Retrouve mes avis de lecture de Le mémorial des anges et de Le sang du passé.