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Estéban Lehydeux, alias Requiem, est un prêtre pas très conventionnel. Qu’il soit spécialiste de l’exorcisme n’est déjà pas banal en soi, mais ce cureton-là, il négocie avec ses poings, il baise ses paroissiennes, il parle comme un charretier et il a voté pour la loi du talion : Dieu pardonne, moi pas.
Alors, le jour où une jeune demoiselle au décolleté garni vient crier à l’aide, il n’hésite pas une seconde, il enfile son perfecto et ses Doc et vole au secours de cette délurée du sexe sur le net. Oui, parce que Martine, elle est productrice et actrice de vidéos pour public averti (et en détresse sexuelle pour sûr) et elle assure plutôt bien dans sa branche. Mais quand elle a reçu ce message lui proposant d’utiliser ses services avec des enfants… Seul le diable peut vouloir une chose pareille !

J’ai vu de ci de là le nom de San-Antonio émerger lors de la parution de ce livre. Il est exact que le sieur Pétrosky est amateur du genre et il s’en inspire allègrement. Pourtant, j’ajouterais volontiers le nom d’un autre auteur car si la gouaille San-Antonionienne infuse ici, j’ai également saisi la touche Gilliesque (faut que j’arrête de maltraiter les noms). Rappelle-toi comment j’ai ri niaisement et sans pudeur avec Les disparus de l’A16, et rappelle-toi que le narrateur s’adressait directement au lecteur, le prenant à parti dans l’avancée de l’intrigue … et bien, pareil pour notre curé qui a chaud aux miches, de même toutes ces petites annotations de bas de page, à l’humour grivois mais pas que… on les retrouve aussi avec notre Requiem. Donc il y a pluri-inspirations. On notera aussi au passage quelques hommages à Audiard pour affiner le genre.
Et ça me plait bien moi que ce curé soit à côté de ses pompes, qu’il tutoie le fils de Dieu et qu’il ne se fige pas dans des préceptes ancestraux. J’ai d’ailleurs lu ses aventures assez rapidement, me laissant porter par son parlé graveleux et ses parties fines. Et attention, y a du lourd aussi, y a du cradingue, des méchants très méchants et du sang partout !

Je peux néanmoins reprocher à M. Pétrosky la surenchère, le « trop ». Monsieur Plus.
Et en plus pas du coït expédié en cinq ou dix minutes, non du marathon orgasmique, le pentathlon des sens, l’odyssée du plaisir, le raid du raide, l’anthologie de la sexologie, L’épornopée du Dard !
C’est trop ! Je pense qu’on aurait pu s’arrêter à l’odyssée du plaisir. Y a eu la même pour décrire les nibards de la Martine ou la méga-bite du détraqué, et j’en passe. J’ai adoré le décalé de ces métaphores déchirantes, mais il y en avait trop. J’ajouterais bien le côté redondant du récit (on a bien compris que Requiem n’est pas un prête comme les autres, on a bien intégré que les méchants très méchants étaient des suppôts de Satan) mais l’auteur le reconnait dans son texte, l’assume et que même il t’emmerde !

Que rajouter ? Un personnage comme ça, t’en croiseras pas ailleurs que dans ces lignes alors, histoire de passer un moment de divertissement divin, laisse-toi tenter.

Editions Lajouanie (2016)
180 pages


L’AUTEUR

L’individu qui se cache derrière le pseudonyme de Stanislas Petrosky est français et vit en Normandie, à quelques kilomètres du Havre. Sa profession, thanatopracteur, n’est probablement pas pour rien dans son goût pour le crime et l’humour… noir.
(source : éditions Lajouanie)
A déjà écrit Ravensbruck mon amour (2015) et L’amante d’Etretat (2016).