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Quand vient la nuit, Auguste Brill n’arrive pas à trouver le sommeil.
Critique littéraire à la retraite, immobilisé suite à un accident, il vit désormais avec sa fille et sa petite fille. Et quand vient la nuit, il ressasse des idées noires, son esprit voudrait laisser venir à lui les souvenirs douloureux, se rappeler l’image de sa femme disparue à présent, subir son impuissance face au chagrin de sa fille Miriam qui ne se remet pas de son divorce, souffrir de la douleur de sa petite fille dont l’amoureux est mort en Irak. Il ne veut pas se laisser envahir par des souvenirs douloureux. Alors, il crée une histoire, il pense un roman, il l’écrit dans son esprit. Il met en scène Owen Brick, un personnage qui se retrouve propulsé dans une Amérique parallèle, une Amérique qui subit une guerre civile atroce et insensée… jusqu’à ce que fiction et réalité se frottent et se côtoient.

Seul dans le noir, je tourne et retourne le monde dans ma tête en m’efforçant de venir à bout d’une insomnie, une de plus, une nuit blanche de plus dans le grand désert américain.

Avec Seul dans le noir, je découvre Paul Auster et c’est avec curiosité que je le suis page après page  car à aucun moment je ne sais où il va m’emmener, et je me demande s’il l’a su lui-même au moment où il traçait ces lignes. Solitude, la nuit comme un gouffre à angoisses. Invasion de nos peurs quand on se sent le plus vulnérable. Foisonnement de digressions et de mises en abymes dans le texte comme étant la seule arme possible pour s’y soustraire, pour porter son attention sur ailleurs, un autre temps, un autre monde, une autre vie. Ainsi, Auguste Brill va raconter les films vus avec sa petite fille, il va se remémorer la vie d’un cousin issu de germains ou celle de la grand-mère d’une amie, chacun ayant eu des vies chahutées ou incroyables, et il fixera le sort de son personnage Owen Brick, perdu entre deux mondes. Jusqu’à ce qu’enfin, la parole, la vraie, la crue, celle dont les mots n’épargne rien, apaise les tourments des uns et des autres dans cette maison où le désespoir s’attarde.
Ce petit bout de l’univers de Paul Auster m’incite à y revenir.

Actes Sud (2009)
210 pages

 

L’AUTEUR

Paul Auster est un écrivain américain. Son premier ouvrage majeur est une autobiographie, L'Invention de la solitude, écrite après la mort de son père.
De 1986 (sortie de Cité de verre ; premier volume de la Trilogie new-yorkaise) à 1994 (Mr. Vertigo), il publie des romans majeurs comme Moon Palace et Léviathan (Prix Médicis étranger). Il est considéré comme une figure centrale de la scène culturelle new-yorkaise et une référence de la littérature postmoderne. Paul Auster a réalisé un marathon d'écriture de plus de trois années consacrées à la rédaction d'un roman de 925 pages, «le plus volumineux de sa vie». Six ans après la sortie de sa dernière fiction, Sunset Park, le livre, son 19ème roman, paraîtra d'abord en anglais au début de 2017.