La vitre couv

Fabien Muller alias Jean-Fabien alias Un écrivain sans succès revient avec un roman tout en sensibilité.
L’incipit donne la couleur…

Je suis née à sept mois.
Ma mère m’a expulsée distraitement, avec détachement, comme on sort les poubelles.

Hélène est devenue une adulte effacée, introvertie. Elle vit le monde à distance, sa vie ne tient qu’à ses peurs. Elle écrit. Depuis le plus jeune âge, elle n’a trouvé qu’à allonger les mots sur le papier pour garder la tête hors de l’eau. Elle écrit aussi pour gagner sa vie. En plus d’un poste précaire à la bibliothèque, elle écrit des chroniques pour un magazine féminin. Sa vie solitaire en est là quand Camille, huit ans, sur le pas de sa porte, lui demande si elle a des chips. Et là, sa vie va tituber.

Un roman qui ne ressemble pas à un autre. Y sont glissés des Interludes présentant les écrits d’Hélène, et j’ai d’ailleurs pensé après quelques pages, tiens, il nous refait du Jean-Fabien ! Puis non. Il conserve toujours cette part d’humour qui n’appartient qu’à lui mais cette fois, on a un personnage plus dense. Très travaillé. On a Hélène. Et Hélène, c’est un parcours, c’est une vie. Des fêlures.
Un roman qui ne ressemble pas à un autre quand bim, une rencontre renverse le cours des choses, et vlan, un attentat, et (choisis l’onomatopée de ton choix)  que nous voilà dans un thriller. Rien de moins que ça ! Et le personnage d’Hélène qui continue sa construction. Sa lutte pour grandir et apprendre.
Un roman qui au final a du cœur. Qui fait du bien à notre humanité.
Comme dirait l’autre, un peu de douceur dans ce monde de brutes…

Olivier Morattel éditions (2016)
271 pages


L’AUTEUR

Auteur de cinq livres, dont Comment je suis resté inconnu (chez Paul&Mike) et L’inconvenance du désastre (chez Cécile Langlois éditions), il tient aussi une rubrique hebdomadaire pour le magazine Version Fémina.