9782221192924

 

Paris, 2050.
Le monde est suffocant, l’air vicié, les rues emplies d’une violence difficile à contenir. L’homme ne travaille plus, il consomme. Et là, sous ce ciel que le soleil traverse péniblement, Bulle découvre qu’elle est enceinte. Un enfant dans le chaos, a-t-elle le droit de le vouloir ?

Les répressions ne dissuadaient plus, le désespoir était tel qu'elles abreuvaient au contraire l'envie de détruire.

Réchauffement climatique, pollinisation absente, des dômes d’air sain pour les nantis, l’air toxique pour les autres, port de masques, augmentation des cancers et taux de mortalité explosé, et l’ultra-pub pour de l’ultra-consommation. Des écrans de pubs partout, de l’appel à consommer à chaque instant. De la pub dans ta rue, dans ton véhicule, dans ton appartement, tu dois payer pour avoir ta demi-heure sans ces flashs incessants. Jennifer Murzeau nous plonge dans une société débilitante où la pensée n’a plus sa place, où la violence, instinct primaire phagocytant la réflexion, enfle de façon exponentielle. Ce monde, c’est le nôtre. Demain. C’est juste là, à portée de souffle. Les mots de l’auteure n’accentuent finalement que peu notre réalité, il suffit de prendre un peu de recul et on la voit la similitude que ses mots mettent en gras. Et la question se pose, qu’est-ce qui pourrait faire que demain soit différent ? C’est très pessimiste, du moins, ce que je retiens de cette lecture l’est, parce que l’auteure, elle, va prendre un chemin plus chabadabada. Elle dit que l’on a toujours un libre arbitre en sommeil et son personnage principal, Bulle, va l’éveiller pour accéder à une vie meilleure. A partir de là, j’avoue que j’ai trouvé poussée cette résurgence d’intelligences endormies qui sauveront (peut-être) le monde. Peut-on enclencher la marche arrière à ce stade d’une mondialisation meurtrière ? L’Homme, cet être vénal et saoulé de pouvoir, pourra-t-il demain se passer de la dernière version de l’I-phone ? On est peu de chose…
Une lecture qui pousse à la réflexion bien sûr. La question de la perpétuation de l’espèce, pourquoi faire un enfant dans un monde en perdition ? Faut-il que je continue à jeter ma bouteille de bière dans le container jaune quand des pétroliers se vident dans l’océan ? Il y a les optimistes et il y a moi.
J’aime les romans d’anticipation qui aident toujours à affuter le regard sur le présent, et pour cette raison, je pense que tu devrais lire ce livre.

Robert Laffont (2017)
264 pages

 

L’AUTEUR

Jennifer Murzeau vit et travaille à Paris. Elle poursuit dans La Désobéissante une réflexion amorcée dans ses précédents romans, Les Grimaces (Léo Scheer 2012) et Il bouge encore (Robert Laffont 2014) sur les dérives de notre époque, l'aliénation et la liberté. La Désobéissante est son troisième roman.