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Patricia, journaliste, enquête sur les personnes qui sont passées à l’ouest dans les années 60. Allemagne scindée par un mur de la honte que l’Histoire fera tomber en 1989. Tu t’en souviens, je m’en souviens.
Patricia va s’approcher d’Inge dont la particularité aura été de passer à l’Ouest pour ensuite joindre à nouveau l’Est. Qui est Inge ? Que peut cacher son histoire ? Et Patricia, cette femme torturée par des démons qui la poussent vers sa déchéance, pourquoi s’accroche-t-elle à ce passé ? Pourquoi cette obsession à faire parler Inge ?

Région de Budejovice, Tchécoslovaquie, août 1945
Ce matin, Horst est mort.
Au sortir d’une nuit trop courte, Anna a réveillé ses garçons pour se remettre en route sous l’œil noir des fusils. Horst, son petit garçon, était déjà froid.

Pour comprendre la vie d’Inge, il faut suivre le parcours douloureux de sa mère, Anna, Sudète en errance, rejetée par la Tchécoslovaquie et non reconnue par les allemands. Je n’avais pas idée de la condition de ces personnes sans patrie véritable, enfermées dans des camps, oubliées de nos livres d’Histoire. Vingt ans plus tard, le mur. La scission. Le début d’une action terroriste violente à l’Ouest avec la Fraction Armée Rouge. Une véritable immersion dans le Berlin des années 60. Et c’est en passant d’une époque à l’autre, d’un destin à l’autre, que Maxime Gillio nous entraîne dans cinquante ans de l’Histoire des allemands.
L’intrigue de ce roman noir s’appuie sur ces trois femmes. Trois portraits magnifiques, touchants et violents à la fois. Trois générations.
Qu’est-ce qui lient ces existences tourmentées ?
L’auteur m’avait habitué à moins sérieux. Du burlesque. Du cynique. Du potache. Je fus donc surprise de ce ton nouveau, de ce regard plus noir. Agréablement surprise. J’ai trouvé réussis, voire passionnants pour la néophyte que je suis, ces aller-retour dans l’Histoire pour alimenter l’intrigue, j’ai apprécié la fluidité d’écriture dans ces va et vient, entre agitation historique et besoin d’humanité. Je ne regrette qu’une chose, un chapitre, à un moment, comme un cheveu sur la soupe, met en scène le meurtre d’un homme. Et hop, plus rien à ce propos, ni à propos d’autres éventuels meurtres. Je m’attendais à ce que l’auteur y revienne entre deux flash-back, histoire de maintenir une tension ou un suspens ou un questionnement éventuel. Puis non. J’ai attendu le final pour pouvoir y revenir.
Un roman que j’ai aimé lire, un roman que je te conseille.

Ombres noires (2016)
348 pages

 

L’AUTEUR

Maxime Gillio est un brin fatiguant. Cet ancien prof de français reconverti dans l’édition est un sale gamin qui soigne sa schizophrénie dans des romans aux univers différents, passant du noir sordide au loufoque déjanté. Ça tombe bien, l’Embaumeur est une série à la fois sordide ET loufoque. Sinon, il déteste la cannelle et porte toujours des pulls hideux quand il écrit.
Bienvenue à Dunkerque (2007), L’Abattoir dans la dune (2008), Le Cimetière des morts qui chantent (2009), Les disparus de l’A16 (2009), La fracture de Coxyde (2011), l’Exquise Nouvelle(2011), Batignolles Rhapsody (2012), D’où viens-tu Béru ? (2012), Dunkerque, baie des anges (2012), les sept petits nègres(2012), Anvers et damnation (2013), les aventures du concierge masqué (2013), Grand méchant loup.com (2013)
(source bio: L’atelier Mosésu)