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L’Amérique.
Milieu du XIXème siècle.
Des guerres incessantes entre les Mexicains, les Américains, les Indiens.
Un chariot qui suit sa route avec à son bord Tom, Pigsmeat et Flora.
Un corps conservé dans du sel, et une vengeance.
Il n’en faut pas plus à Lance Weller pour nous offrir un roman éblouissant.

Tu te souviens d’eux inquiets en permanence. Ils avaient peur de se perdre, puis ils avaient peur de se retrouver ailleurs que là où ils voulaient aller. Ils avaient peur du pays devant eux – l’immense horizon rouge sang vers lequel ne s’étendait rien d’autre que de l’herbe et un ciel si bleu qu’il leur faisait mal – mais ils avaient plus peur encore du pays derrière eux. Alors, ils continuaient à marcher, et toi, qui étais si jeune, tu marchais avec eux.

Ce livre, c’est tout d’abord trois personnages épais et broussailleux. Trois vies hors du commun qui les mènera à se retrouver sur cette route, dans ce chariot. Tom, le taiseux qui raisonne autrement, celui en marge, celui qui tue, Pigsmeat, le cœur gros, l’ami fidèle, et Flora, l’esclave qui a tout enduré durant trois années de sévices et qui veut le faire payer. Ces trois portraits sont les fondations inébranlables de ce roman, d’une densité singulière et l’impossibilité de ne pas être en empathie. Avoir le crâne écrasé quand Tom vit une migraine, sentir l’haleine du Boss quand il viole Flora, et pleurer avec Pigsmeat. Une vraie réussite de l’auteur. Et puis, tu as tout cet espace autour de toi, ces grands espaces de déserts, de terres rouges et de poussière, tu as la crasse dans les villes traversées, tu as la vermine et la puanteur. L’odorat est peut-être le sens le plus rudement mis à l’épreuve dans ces lignes, la misère pue, les gens misérables puent. La sueur, la peur, le sang puent. La violence est là comme un décor omniprésent, toujours prête à intervenir, parfois tapie derrière les fourrés, parfois avilissante dans des draps déjà trop froissés, parfois éclaboussante, fusil à la main et scalps à la ceinture… et l’amitié, et une forme d’amour peut-être aussi, et l’espoir d’un peu d’humanité au milieu du chaos.
Nous sommes au XIXème siècle dans une Amérique en construction et c’est une épopée flamboyante que nous révèle Lance Weller.
Lis-le.

Gallmeister (2017)
355 pages


L’AUTEUR

Lance Weller est né en 1965 à Everett dans l'État de Washington. Il est l’auteur de plusieurs nouvelles qui lui ont valu diverses récompenses littéraires et a été nominé pour un Pushcart Prize. Wilderness son premier roman, a été publié en 2012 aux États-Unis. Les marches de l’Amérique est son deuxième roman.