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Estéban Lehydeux revient.
Il jure, il boit et quand il a bien bu, se plante le nez au ciel, se mouche dans les étoiles et il pisse comme je pleure sur les femmes infidèles et les autres, il baise, il baise beaucoup, il baise bien la moitié du bouquin, et il aime pas l’injustice et les connards, alors il va, tel un super héros en plus expéditif, sauver la veuve et l’orphelin et les âmes en perdition parce qu’il est l’envoyé du grand patron, il est Requiem, il est le seul curé à te donner l’extrême onction à grands coups dans ta gueule. J’ai mis un point, tu peux respirer.

Cette fois, on le retrouve sur le port du Havre à fouiller dans les entrailles d’une boîte d’import-export qui renifle du nauséabond, ça suinte un fanatisme fétide du troisième Reich, et ça il aime pas le Requiem. Il va donc s’infiltrer pour mieux exorciser à sa manière.  

Je ne sais pas jusqu’où va ta culture mon fidèle lecteur, mais vu les callots que tu as, je préfère te donner quelques explications, parce que c’est bien beau de causer cul, de boire des coups, mais j’aime aussi participer à l’alphabétisation des masses laborieuses.

Stanislas Petrosky offre donc une deuxième aventure à son curé peu conventionnel après le Je m’appelle Requiem et je t’… qui m’avait agréablement divertie avec ce ton FrédéricDardesque détendu du gland. L’idée d’un cureton piquant et sans limite était séduisante et avait eu son effet de surprise et de zygomatiques décontractés. Ici, le ton est le même, la gouaille est acidulée, insolente et friponne dirons-nous, la surprise est moindre forcément, on le connait le gaillard, et malgré cela le plaisir est le même. Mais ! (le voilà), beaucoup de passages éloignent de l’intrigue et sont juste posés là, peut-être pour le plaisir de jouer avec la langue, et à propos de langue, j’ai été overdosée des galipettes du chaud curé, redondantes et pas toujours utiles. Et je passe sur les notes de bas de pages nombreuses mais qui te permettront un exercice occulaire intéressant si tu veux renforcer ce muscle-là.
Reste le plaisir des mots, des calembours, reste cette verve fleurie, très imagée, parfois violente, souvent crue, sans filtre. Et reste ce personnage que tu ne trouveras nulle part ailleurs.
Je te présente Estéban Lehydeux et il revient.

(NB : grosse frustration que celle de n’avoir pas trouvé toutes les contrepèteries et de n’avoir nulle part où chercher pour soulager cette frustration. A la fin du livre, ç’aurait été bien…)

Lajouanie (2017)
187 pages

 

L’AUTEUR

L’individu qui se cache derrière le pseudonyme de Stanislas Petrosky est français et vit en Normandie, à quelques kilomètres du Havre. Sa profession, thanatopracteur, n’est probablement pas pour rien dans son goût pour le crime et l’humour… noir.
(source : éditions Lajouanie)
A déjà écrit Ravensbruck mon amour (2015), Je m’appelle Requiem et je t’… (2016),  L’amante d’Etretat (2016).