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Inde du Nord.
A la fin des années 90, après quinze années de vie commune, le couple formé par Fizz et le narrateur se défait brutalement.
Le livre démarre par ces mots : L’amour n’est pas le ciment le plus fort entre deux êtres. C’est le sexe.
Quinze années durant lesquelles leurs corps se sont aimés. Quinze années de désir intense jamais assouvi. Chaque jour, ils s’étreignent, chaque jour ils jouissent des caresses de l’autre. Ils vivent une relation charnelle dans laquelle la présence physique de l’autre est vitale. Puis arrive le jour où ils découvrent des carnets dans un recoin de la maison qu’ils viennent d’acheter. Le journal intime d’une certaine Catherine, qui vivait là avant eux, va faire éclater ce couple si garrotté. Il ne la désire plus. Elle part.

Le livre est long. Je veux dire qu’il est vraiment long. Pas parce qu’il a presque sept cents pages mais parce qu’il part un peu dans tous les sens et que tous ces sens ne m’ont pas forcément interpelée. Beaucoup de digressions qui apportent certainement un peu à l’ambiance du livre parce qu’il est vrai qu’on a le parfum dépaysant venant de cette Inde post-coloniale telle qu’on l’a connait (c’est-à-dire au cinéma devant Gandhi ou La cité de la joie), et que l’on a aussi un peu d’Histoire (avec un grand h). Mais on doit également se farcir la vie des parents du narrateur, puis la vie de je ne sais quel ami qui finalement ne nous apportera rien pour la suite, et je passe sur la vie des personnages du roman que tente vainement d’écrire le narrateur. Je veux dire que ce livre est vraiment long parce que les fameux carnets, ce journal intime sulfureux qu’on attend impatiemment pour savoir comment un homme qui fait l’amour chaque jour à sa femme depuis quinze ans en arrive à ne plus la désirer, ne font leur apparition qu’à la page 380 !
Si tu arrives à la page 380, sache qu’à partir de là, tu auras chaud. Parce que si les prouesses en chambre de notre couple étaient déjà plus qu’honorables, celles de Catherine la libérée et de ses amants devraient (ré)activer ta libido (si besoin était). Si tu es en couple, tu vas faire un(e) heureux(se). Si tu es célibataire, équipe-toi.
Néanmoins, les images sont belles, autant celles évoquant l’érotisme dégagé par chaque personnage que celles nous liant à l’Inde. Le mélange doit même participer à l’alchimie des mots.
Le livre se termine par ces mots : Le sexe n’est pas le ciment le plus fort entre deux êtres. C’est l’amour…
Et je te laisse le soin de découvrir comment l’auteur en arrive à cette conclusion.
Bonne lecture !

Buchet-Chastel (2005)
692 pages

 

L’AUTEUR

Tarun Tejpal est écrivain, journaliste et éditeur, en Inde. Il fonda avec Sanjeev Saith la maison d’édition IndiaInk qui la première publia Arundathi Roy. Il s’est tourné voici quelques années vers l’écriture de fiction Loin de Chandigarh.