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Nous sommes à l’été 1914, la Grande Guerre s’apprête, c’est pour bientôt.
Un très bel été que cet été qui précède l’apocalypse.
Jean-Marc Montjean est un jeune médecin tout juste diplômé qui revient au pays, à Sallies. Un petit village du Pays Basque. Une famille s’est installée là depuis peu, les Tréville. Appelé pour des soins, Montjean fait rapidement la connaissance de Paul Tréville et de sa sœur jumelle Katya. Ils vivent avec leur père dans une maison un peu à l’écart du village. La jolie Katya, si spontanée, si fraîche et pleine d’allant, qui dévore la vie, si libérée. Montjean tombe amoureux. Évidemment.
Pourtant, Paul, souvent piquant et dont l’ironie est parfois agressive, semble réticent à ce rapprochement des deux jeunes gens. Pourtant, Katya ne semble pas touchée par la cour effrénée menée par le jeune médecin. Et le père qui passe ses journées enfermé dans son bureau. Et d’où vient cette famille ? Pourquoi s’isolent-ils de la vie du village ?

L’ombre menaçante qui pesait sur les Tréville n’était plus un mystère. C’était quelque chose de tangible. On pouvait l’affronter, la combattre. J’étais décidé de parler avec Paul à la première occasion, à essayer de le convaincre que fuir les ragots et les insinuations ne résoudrait rien à long terme.

Je n’ai jamais lu Trevanian avant ce texte. Je découvre une plume qui sert merveilleusement une ambiance pesante à la manière de Daphné Du Maurier et qui installe un malaise au fil des pages. Le lecteur est dans l’attente d’une cassure brutale qui renversera la moiteur de la situation. C’est écrit à la première personne, c’est Montjean qui raconte son histoire, une histoire dont on sait qu’elle a changé sa vie, alors on attend dans un suspens délicieux qui s’étire. Et la guerre en approche comme décor lointain, et Montjean qui tourne autour de sa belle selon les codes surannés d’une époque déjà évanouie, tout cela participe à la mise en place efficace d’une atmosphère trouble. L’auteur prend son temps pour arriver au chambardement final. Un tourbillon. Mais…
Sans rien n’en dévoiler, j’ai fait la moue sur cette fin. Non pas qu’elle soit mal écrite, la ligne de départ est respectée, c’est très bon, mais je venais de lire un livre avec une fin ressemblante et cela a quelque peu gâché mon plaisir. Et quand bien même, ça reste du déjà-vu.
On me dit dans l’oreillette que ce livre est très différent de ce que Trevanian écrit d’habitude, et comme j’ai aimé ce que j’ai lu, je suis curieuse et je lirai Shibumi devenu un best-seller.

Gallmeister (2017)
259 pages


L’AUTEUR

Trevanian est l'un des pseudonymes de l'écrivain américain Rodney William Whitaker.
Dans sa jeunesse, il vit plusieurs années dans la ville d'Albany, capitale de l'État de New York, une période qu'il raconte dans The Crazyladies of Pearl Street (2005), son dernier ouvrage publié. Il a 40 ans quand paraît son premier roman La sanction (The Eiger Sanction, 1972). En 1979, il publie Shibumi, un thriller d'espionnage. L’été de Katya, publié en 1983, est réédité aujourd’hui chez Gallmeister.