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Tous les trois ans, sur l’île de Mirhalay, au large de l’Ecosse, se réunissent des intellectuels venus rendre hommage au maître incontesté du polar, Galwin Donnell. Celui-ci vécut sur cette terre isolée les dernières années de sa vie, et sa mort reste un mystère que ces érudits ronflants viennent commenter en plus de jouer les interprètes d’une œuvre vénérée. Emilie fait partie des admirateurs, elle prépare une thèse sur les femmes dans l’œuvre de Donnel. Elle est sur l’île depuis déjà trois mois quand Franck, l’homme qui partage sa vie depuis huit années, la rejoint. Franck qui voudrait passer le reste de sa vie à regarder Emilie. Franck qui ne comprend pas cet emballement décalé et exagéré pour cet auteur. Franck qui va assister au déclin d’un amour.

Ne faire plus qu’un avec l’autre, c’est un mythe. L’amour, ce n’est pas la fusion, la dissolution d’une âme dans une autre ou je ne sais quoi. C’est simplement un moyen de tromper nos solitudes. On demande à quelqu’un d’être le témoin de notre vie et on accepte en échange d’être le témoin de la sienne.

Un jour, j’ai entendu Alice Zeniter s’exprimer et ce jour, je me suis dit que je la lirai. Je la trouvais brillante et gavée d’intelligence, elle qui avait tout juste trente ans. Je l’ai lue, c’est chose faite.
Dans ce roman, elle joue avec les codes du polar, laissant traîner un suspens sur la mort mystérieuse d’un auteur emblématique. Un auteur qu’elle crée de toutes pièces et à qui elle invente une œuvre et un personnage récurrent, des articles sur Wikipédia, une vie mouvementée. C’est habilement construit, j’y ai cru, je suis allée vérifier s’il n’existait pas réellement… Mais pour moi ce roman, c’est surtout la question du couple. La question de l’amour, de sa durée. C’est une réflexion sur le pourquoi on aime l’autre. Comme si on pouvait tirer quelques généralités applicables à tous, comme s’il y avait des réponses. Bon. Je n’ai plus trente ans. Depuis longtemps.
J’ai ma foi trouvé le livre techniquement et stylistiquement bien écrit, mais voilà, je ne l’ai pas apprécié. Je m’y suis ennuyée trouvant trop longues les interventions des universitaires sur Donnel, m’assommant de la dépression de Franck, m’irritant de la fan attitude d’Emilie. Ça n’a pas pris et c’est tant pis. Peut-être reviendrai-je vers cette auteure plus tard, dans d’autres dispositions.

Albin Michel / Flammarion (2015)
285 pages

 

L’AUTEUR

Deux moins un égal zéro, son premier livre publié à 16 ans (éditions du petit véhicule), lui a valu le Prix littéraire de la ville de Caen. Jusque dans nos bras, publié en 2010, a été récompensé par le Prix littéraire de la Porte dorée et le Prix de la Fondation Laurence Trân. Sombre dimanche reçoit le Prix Inter et le prix des lecteurs l'Express 2013. En 2015, elle publie Juste avant l'Oubli.
2017 : Goncourt des lycéens pour son roman, L'Art de perdre.