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Robert Neville est le dernier survivant d’une pandémie qui a anéanti l’humanité. Depuis trois années, chaque soir, il s’enferme dans sa maison car au dehors, des créatures errent. Assoiffés de sang, ces monstres sont des mutations de morts revenus à la vie, ils ont toutes les caractéristiques du classique vampire de la littérature. Ils fuient la lumière, craignent le crucifix et l’ail.

Le monde est devenu fou...
Les morts s'y promènent à leur guise et cela ne m'étonne même plus.
Il était devenu banal de voir les cadavres sortir de leur tombe.
Comme il est facile d'admettre l'invraisemblable, avec un peu d'habitude !

Puis, il y a cette autre « race » de vampires, adaptée à la lumière, qui ne périt pas du bacille, une race qui s’adapte. Une nouvelle espèce d’Hommes. Et Robert Neville devient le monstre à éliminer, dernier fragment d’une civilisation qui se meurt.

À la vue de cette multitude de visages blêmes tournés vers lui, Neville s'avisa tout à coup qu'à leurs yeux, c'était lui le monstre. C'est la majorité qui définit la norme, non les individus isolés.

Nous vivons la solitude de Neville à chaque page de notre lecture, nous le suivons en journée lorsqu’il part en expédition trouver de quoi survivre, nous le regardons préparer ses chapelets d’ail à clouer sur sa porte, nous l’aidons à barricader la porte dès que le soleil se couche, nous bouchons nos oreilles aux grognements incessants de ces êtres morts, nous nous saoulons de whisky pour oublier l’horreur, pour ne pas penser aux personnes disparues, pour ne pas devenir complètement fous. C’est dans cette linéarité d’un quotidien répétitif et aliénant que l’auteur nous enferme avec son personnage. Jusqu’à cette fin libératrice et surprenante.
J’avais vu l’adaptation cinématographique réalisée en 2007 par Francis Lawrence mais la fin du film change totalement la signification du titre donnée par Matheson. Là où l’auteur donne une vision darwinienne de sélection naturelle, Hollywood nous vend un sauveur de l’humanité. J’ai préféré goûter à la réflexion proposée par le livre, pour les super héros, on a les Avengers.
Je suis une légende est un classique de la SF. A lire donc.

Richard Matheson (1954)
Éditions Denoël (2001)
228 pages
Traduit de l’américain par Nathalie Serval
Titre original « I am legend »

 

 

L’AUTEUR

Richard Matheson est un écrivain et scénariste. Ses genres de prédilection sont la science-fiction et l’épouvante. Ses deux premiers romans, Je suis une légende (1954) et L'Homme qui rétrécit (1956), comptent à présent parmi les classiques du genre de la science-fiction. Ces deux œuvres visent toutes deux à montrer le comportement d'un être isolé confronté à une fatalité qu'il désire plus ou moins empêcher. Ce thème, récurrent chez Matheson, est repris dans son roman Le Jeune Homme, la mort et le temps (1975).
En 1978, il écrit Au-delà de nos rêves. Il est même à l'origine du film de Georges Lautner Les Seins de glace, en 1974, puisque c'est de son roman Someone is Bleeding! (1953) que naît ce très remarquable thriller. Il est également l’auteur de quelque 200 nouvelles tournant essentiellement autour des genres du suspense et du fantastique.