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Le garçon traine sa mère mourante sur son dos. Il marche vers la mer. C’est sa dernière volonté, voir la mer. Cette femme qui lui a juste donné la vie et qui l’a toléré près d’elle meurt sans un regard, sans une parole. Chaque pas qu’il fera désormais sera un pas vers un monde qu’il ne connaît pas. Il est méconnu de toute civilisation, il est comme l’enfant sauvage qui a grandi loin des sociétés humaines.
Le garçon ne parle pas. Il observe.

C'est un temps où le garçon commence à entrevoir de quoi pourrait bien être, hélas, constituée l'existence: nombre de ravages et quelques ravissements.

Le garçon est un roman initiatique qui déroule trente années de la vie d’un homme modelée au gré de rencontres et d’événements. Des pans d’une vie accrochés aux êtres croisés sur sa route. Chaque rencontre est un apprentissage sur le fonctionnement de l’Homme, pour le meilleur et pour le pire. Ressentir, vivre, respirer, goûter à des sensations protéiformes, percevoir des sentiments extrêmes. La soumission, l’obéissance, l’amour, la peur, l’effroi. Apprendre la beauté et l’art, apprendre la mort et la souffrance. Le garçon, muet, contemplatif, est une terre vierge et malléable. Sa route oscille entre le bonheur intense d’une histoire d’amour absolu et l’horreur d’une guerre qui déchire les âmes sans possibilité de cicatrisation.
Ce roman est un poème, ce roman est une tragédie, ce roman est de l’amour.
Un voyage dans l’esprit des hommes, un voyage aux confins de territoires inhospitaliers, que ce soit dans les tranchées ou dans la forêt amazonienne.
Les mots se sirotent, les chapitres se suivent et ne se ressemblent pas, des listes, des fragments d’Histoire, des lettres. Marcus Malte offre un texte varié d’une grande qualité littéraire, il surprend par sa créativité et il emporte dans un élan romanesque. Le personnage est touchant, l’empathie du lecteur est gagnée dès le premier chapitre, un chapitre marquant, noir, dans une atmosphère lourde.

D'infimes flocons se posent doucement sur lui, sur ses cils, sur ses joues, dans sa bouche: sa face d'ange saupoudrée de paillettes d'apocalypse.

A lire si ça n’est pas déjà fait.

Zulma (2016)
535 pages


L’AUTEUR


Le premier roman de Marcus Malte, Le Doigt d'Horace, est publié en 1996 au Fleuve Noir. En 2001, il rejoint les éditions Zulma où il publie notamment Et tous les autres crèveront (2001) et Garden of Love (2007). Ce livre est distingué par de nombreux prix littéraires dont notamment le Grand Prix Paul Féval de la Société des Gens de Lettres, et le Prix des Lectrices de Elle 2008. En 2016, Le garçon obtient le prix Fémina.