Capture d’écran 2018-02-19 à 15

 

 

Actrice en vogue, Rose Century fait face aux aspects pervers hollywoodiens. Manipulée par son agent, errant dans un milieu saupoudré de blanche, surfant entre les harceleurs et les envieux, ignorée par un père riche et influant briguant un haut poste en politique, elle inonde les tabloïds de coups d’éclat et de vicissitudes dégradantes pour son image. Et pour l’image du cinéma. Et pour l’image de son père. Il faut que Rose disparaisse sans perturber les projets Hollywoodesques la concernant.
Rose est en souffrance, Rose n’a pas fait le deuil de sa sœur disparue dans d’étranges circonstances, Rose déteste son père, Rose gène.
Cette attitude a fait le vide autour de la jeune actrice, elle ne côtoie plus que des personnes payées pour cela ou qui espèrent bien en tirer un bénéfice conséquent.

Quand j’entre dans ce livre, j’ai en tête les deux titres précédents de l’auteur desquels me reste une atmosphère de grand écran avec Judex le justicier vengeur des temps modernes dans Le festin des fauves et avec Max Rochefort, écrivain dans le Paris du début du XXème siècle dans On se souvient du nom des assassins. Des titres marqués par un univers singulier, une documentation riche et par ma satisfaction finale. Ici, avec ce titre accrocheur affirmant que Tout le monde aime Bruce Willis, c’est autre chose encore, c'est plus léger disons. Dominique Maisons nous met en immersion complète dans l’univers Hollywoodien. Et la question que je me pose de prime abord : choisir une star du cinéma américain pour endosser la tenue de personnage principal est certes assez audacieux mais ne serait-ce pas casse-gueule ?

Sans vouloir trop dévoiler de l’histoire, je puis dire ici que l’intrigue est bien ficelée, qu’on se laisse prendre aux moultes péripéties vécues par cette jeune fille née avec une cuillère en argent dans la bouche, que la plume est toujours efficace et que le style imagé laisse la poussière du désert nous brûler les yeux. Car oui, il y a aussi du désert dans cette aventure. Et oui, il s’agit bien d’une folle aventure. C’est un film d’action à l’américaine. Pas de temps morts, du suspens (modéré néanmoins par certaines ficelles trop facilement étirables), des coups de poings, des méchants, la blonde de service et la vermine obséquieuse. Mais pourquoi alors cette once d’agacement après avoir refermé le livre ? Pourquoi ce nuage de contrariété ? Peut-être trop de clichés autour de ce monde de requins, peut-être que Rose, post-ado à la ramasse qui devient une survivor, m’a irritée, peut-être que la fin m’a laissée une sensation d’amputation de mon plaisir. Je ne sais.
Pour autant, je ne veux pas finir cet avis sur une note négative, et si tu veux lire un roman prenant qui te sort la tête de ton quotidien, si tu veux te mater un bon blockbuster à l’américaine, il faut lire Tout le monde aime Bruce Willis.

Editions de La Martinière – 2018
398 pages



L’AUTEUR

Dominique Maisons est éditeur de presse jeunesse et de bande dessinée.
Le psychopompe, Grand Prix VSD du polar 2011, est son premier roman. Ont suivi Le festin des fauves, publié aux éditions de la Martinière en 2015 et On se souvient du nom des assassins en 2016.